La Commanderie de Villemoisan


Avec, entre autres, la Commanderie d'Angers, la Maison du Temple de La Lande des Verchers/ Layon, la Commanderie de Saulgé à Luigné, la Maison du Temple de Saumur, la commanderie de Villemoisan est l'une des possessions templières de l'Anjou. Elle était une dépendance  de la Maison du Temple Saint-Laud d'Angers depuis le XIIe siècle.
 Après l'arrestation des templiers, accusés d'hérésie par le Roi Philippe le Bel, la Commanderie a été dévolue par le pape à l'Ordre de l'Hôpital (qui deviendra l'ordre les chevaliers de Malte par la suite). Il prend alors le nom de l'Hôpital Béconnais. 



Cette partie dite du prieuré a été construite à partir du XIVe siècle.


"A l'ouest, entre Loire et Mayenne, se trouvait deux commanderies, Béconnais et Bouillé. L'Hôpital de Béconnais avait au XVIIe siècle, corps de logis, chapelle, fuie, grange, étable, jardin, vigne, le tout enfermé de murailles (33). Il se trouvait sur la commune de Villemoisan, au nord, légèrement à l'écart de la route du Louroux-Béconnais. C'était depuis le XIIe siècle, une dépendance du Temple d'Angers. La chapelle, simple rectangle allongé avec étroite abside et voûtes sur ogives de deux travées, portée par des colonnes à curieux chapiteaux, a une porte romane à l'ouest et des fenêtres en plein-cintre également romanes. Des peintures murales du XVIe siècle représentent saint Médard, saint Pierre et saint Eutrope. L'autel portait au XVIIIe siècle un grand tableau de saint Jean Baptiste."
La maison d'habitation était au temps était, au temps de Célestin Port qui nous fait cette description (34), réduite en ferme mais gardait un portail en arc brisé; le puits portait la date de 1600. L'enclos, dont l'enceinte tombait en ruine, fut vendu comme bien national le 28 prairial an IV (16 juin 1796). Le portail et surtout la chapelle subsiste encore aujourd'hui (35)."
33. Archives départementale de la Vienne, 3 H 1/104.
34. Célestin Port, Dictionnaire..., tome I, page 730.
35. T Barreau, Les Templiers..., pages 102-103, avec cinq photographies de la chapelle (pages 99-101).
https://books.google.fr/booksid=iZx95ClTabwC&pg=PA454&lpg=PA454&dq=t+barreau+les+templiers+villemoisan&source=bl&ots=2bdfPIHOu6&sig=XguxbWBRE6SYze2t82QsK1uwDps&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwinkNfw58rOAhXEthoKHbh5D3YQ6AEIKDAC#v=onepage&q&f=false





On trouve sur le site plusieurs puits. En effet, la Commanderie est située sur une source et la profondeur de la petite boire à l'entrée nous donne une idée de l'humidité souterraine à cet endroit. A l'époque le puits conférait autonomie et puissance aux propriétés. 
Ainsi, dans "la tradition cachée des cathédrales" Jean Pierre Bayard écrivait:

"N'y avait-il pas là une obligation liturgique? Je songe aux eaux vives du baptême, aux courants telluriques, aux champs de force. Ce puits sert à l'alimentation du chantier ; les citadins s'y ravitaillent et, dans l'église refuge, les assiégés puisent l'eau réconfortante…. Car là où l'eau peut être captée, là peut s'établir le temple".




La chapelle abrite des fresques du XVIe siècle représentant Saint-Médard, Saint-Michel,Saint-Pierre et Saint-Eutrope. Elle est principalement édifiée en pierre de schiste et de tuffeau. Le propriétaire m'expliqua que son labyrinthe, ce dessin sensément unique qui orne les chapelles, est la réplique de celui très mystérieux de la chapelle de Chartres, également datée du XIIe siècle et située sur plusieurs cours d'eau (1 cours d'eau à 37 m de profondeur et 14 petits). 


 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cath%C3%A9drale_NotreDame_de_Chartres#/media/File:ChartresApproximation.svg

La chapelle offre une autre particularité due à l'oeuvre du temps, au travail de matériaux et du terrain: les colonnes de soutiens situées de part et gauche de la chapelle se resserrent en leur pied en une forme qui tire vers le V. 

Elle accueille, à l'occasion des événements culturels, à l'instar d'une récente représentation théâtrale donnée par la troupe de Villemoisan.






Le muret à gauche de la chapelle (photo ci-dessus et dessous), correspond à l'emplacement de l'ancien temple mis à jour par le propriétaire actuel. Tel le laboureur et ses fils, il a retourné les arpents de cette terre, planté des arbres, restauré le site à la somme d'un travail colossal, sacerdotal. Au fil des siècles, les pierres du temple ont été volées et ce qu'il reste des ruines a été mis en valeur avec raffinement et passion, s'inscrit dans une démarche respectueuse de l'histoire et du patrimoine.
J'aime à penser tout ce que ça représente d'années d'investissement et d'amour des lieux.






Au bout du terrain, un panorama sublime s'ouvre sur le Béconnais.








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